Enseignement catholique de Haute-Savoie
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Rentrée 2026

01.09.2026

Rentrée 2026

A l’occasion de la rentrée 2026,  la DDDEC74 s'engage dans une nouvelle étape, portée notamment par l’arrivée de Mireille Beyserre, directrice diocésaine. Dans un contexte de profondes transformations de l’école, cette rentrée affirme une ambition forte au sein de l'enseignement catholique de Haute-Savoie : faire davantage réseau, prendre soin des personnes et redonner du sens à la mission éducative. Propos recueillis lors de la conférence de presse 26 août 2026 au collège Saint François Les Cordeliers à Seynod : une occasion pour présenter plusieurs orientations et convictions. de la rentrée 2026 :

 

Faire commun, c’est d’abord apprendre à travailler ensemble

Le développement des réseaux entre établissements, les échanges entre chefs d’établissement et enseignants, les groupes de travail et les différentes formes de #coopération constituent autant de moyens de favoriser une véritable intelligence collective. Il ne s’agit pas simplement de multiplier les temps de rencontre, mais de créer des espaces dans lesquels chacun peut apporter son expérience, partager ses pratiques et contribuer à une réflexion collective. Cette dynamique suppose de faire dialoguer les différentes dimensions de l’organisation : la verticalité, nécessaire pour porter une vision et donner un cap, et l’horizontalité, indispensable pour permettre l’initiative, l’échange et la construction collective. C’est également dans cette logique que les outils numériques et les réseaux sociaux peuvent trouver leur place : non seulement comme moyens de communication, mais comme espaces permettant de créer du lien, de faire circuler les initiatives et de donner à voir ce qui se construit dans les établissements. Cette capacité à travailler ensemble devient particulièrement importante face aux transformations qui traversent aujourd’hui l’école.

L’intelligence artificielle, un outil au service du discernement

L’intelligence artificielle constitue sans doute l’un des changements les plus significatifs auxquels les établissements sont aujourd’hui confrontés. Elle peut décupler la créativité, faciliter certaines tâches et ouvrir de nouvelles possibilités pédagogiques. Mais son développement ne doit pas nous conduire à perdre de vue l’essentiel. L’intelligence artificielle reste un outil. La véritable question éducative est donc moins de savoir comment l’utiliser que de savoir comment apprendre à vivre avec elle. Quel rôle pour l’école ? Quel rôle pour les parents ? Comment aider les jeunes à discerner ? Comment leur apprendre à questionner une information, à débattre, à exercer leur esprit critique ? Comme pour les réseaux sociaux, l’enjeu est de permettre aux jeunes de comprendre les outils qu’ils utilisent afin de pouvoir en faire un usage responsable et éclairé. L’école doit continuer à développer ce que la technologie ne peut pas remplacer : la capacité à penser, à argumenter, à écouter, à coopérer et à exercer son jugement. #ia

Une école qui prend soin des personnes

Cette volonté de faire communauté passe aussi par une attention renouvelée portée à la qualité des relations. L’accueil des élèves et des familles, l’accompagnement de la communauté éducative, la prévention du #harcèlement, la prise en compte des situations de violence ou encore l’inclusion sont devenus des dimensions incontournables de la mission éducative. Il ne s’agit pas de considérer ces sujets comme périphériques aux apprentissages. La qualité de la relation participe directement à la qualité de l’éducation. Prendre soin signifie aussi porter attention à ce qui se joue dans les situations ordinaires : la manière dont nous accueillons un élève, dont nous exerçons l’autorité, dont nous considérons l’erreur ou dont nous réagissons face à une difficulté. Les microviolences du quotidien peuvent progressivement fragiliser une communauté. À l’inverse, une culture de la #bientraitance peut contribuer à créer un environnement dans lequel chacun se sent reconnu, respecté et capable de progresser. La question est donc bien celle-ci :comment faisons-nous grandir les personnes et comment prenons-nous soin de la manière dont nous portons les choses ensemble ?Cette attention à la personne doit naturellement concerner les élèves, mais aussi les adultes qui les accompagnent.

Redonner confiance aux enseignants dans leur capacité d’agir

La question de l’#accompagnement des enseignants est à ce titre essentielle. Dans un contexte où les métiers de l’éducation sont confrontés à de nombreuses évolutions et parfois à un sentiment d’impuissance, il est indispensable de redonner confiance aux professionnels dans leur capacité d’agir. Un enseignant a besoin de se sentir compétent. Il a besoin de pouvoir mesurer ce qu’il apporte aux élèves. Il a besoin de ne pas être seul et de pouvoir s’appuyer sur ses collègues. Le sentiment de compétence, la qualité des relations professionnelles et le sens donné au métier constituent des leviers essentiels de la motivation. C’est pourquoi la formation ne peut pas se limiter à transmettre de nouvelles connaissances ou de nouvelles méthodes. Elle doit également permettre de prendre du recul, d’échanger avec ses pairs, de faire groupe et de retrouver le sens de son engagement. Cela est particulièrement important lors de l’entrée dans le métier. L’accompagnement par les pairs et le temps donné à la formation permettent au nouvel enseignant de construire progressivement sa posture professionnelle, de trouver sa place et de développer sa confiance. Mais cette dynamique doit se poursuivre tout au long de la carrière. Grandir dans ses compétences, c’est aussi affermir sa capacité à agir. Et peut-être faut-il régulièrement revenir à une question fondamentale :Pourquoi ai-je choisi ce métier ?Retrouver le sens de son engagement, identifier ce que l’on apporte aux jeunes et percevoir l’utilité de son action sont des conditions importantes pour maintenir une motivation durable. La motivation des enseignants contribue naturellement à celle des élèves. La commission #pefo contribue largement à cette conviction.

Accueillir la fragilité et construire une école inclusive

Faire communauté signifie également être capable d’accueillir les fragilités. L’#inclusion ne peut pas être uniquement une question de dispositifs. Elle doit progressivement devenir une manière de penser l’école. Les AESH, les psychologues, les professionnels de l’inclusion et les différents dispositifs d’accompagnement jouent évidemment un rôle essentiel. Mais nous devons également continuer à réfléchir à nos pratiques pédagogiques et à nos organisations. La conception universelle de l’apprentissage nous invite ainsi à penser des situations pédagogiques accessibles au plus grand nombre, plutôt que de construire systématiquement des réponses particulières une fois la difficulté apparue. Cette approche rejoint une ambition plus large : faire de l’établissement un environnement capable d’accueillir la diversité des élèves et de s’adapter à leurs besoins. La #santémentale constitue également un enjeu majeur. Les besoins d’écoute et d’accompagnement sont importants, et ils concernent l’ensemble de la communauté éducative. Le développement de psychologues référents, les permanences d’écoute dans les établissements et les possibilités d’accompagnement de la ddec74 participent à cette volonté de mieux prendre en compte les personnes. La coordination entre les différents services est également essentielle. Psychologues, dispositifs d’écoute du service psychologique de la ddec74, service EVARS et les équipes en charge de l’inclusion peuvent croiser leurs regards et travailler ensemble.

Une éducation intégrale, porteuse de sens

Cette conception de l’éducation trouve une résonance particulière dans le projet chrétien de l’éducation. Les orientations pastorales remises aux chefs d’établissement invitent notamment à s’interroger sur ce qui constitue la « saveur particulière » de notre projet éducatif. La fraternité, la solidarité, la formation humaine, les questions de vie et l’éducation intégrale participent de cette identité. Il s’agit de permettre aux jeunes de se construire dans toutes les dimensions de leur personne, de les accompagner dans leurs questionnements et de leur donner des espaces pour chercher du sens. La découverte des différentes religions et l’ouverture au dialogue participent également de cette démarche. Cette mission éducative s’inscrit dans un dialogue entre la mission de l’Église et celle de l’État, avec une même préoccupation :accompagner les enfants et les jeunes dans leur développement, mais aussi accompagner les adultes qui ont la responsabilité de les faire grandir. #pastorale

Construire les projets éducatifs avec les territoires

Faire commun, c’est enfin penser l’école dans son territoire. Le projet du futur collège Sainte-Marie à Reignier illustre cette volonté. Ce projet, inscrit dans une réflexion prospective engagée depuis plusieurs années, vise à répondre aux évolutions démographiques et aux besoins du territoire tout en veillant à préserver les équilibres entre établissements. Il s’agit notamment d’éviter que le développement d’une nouvelle structure ne conduise à déséquilibrer l’offre éducative existante. Le projet repose ainsi sur plusieurs partenariats, notamment avec le Département et l’Éducation Nationale, et sur une logique de solidarité entre établissements. Cette solidarité est indispensable pour permettre aux établissements de continuer à investir, à accueillir et à préparer l’avenir malgré les évolutions démographiques. L’objectif est aussi de continuer à défendre un principe essentiel :l’accueil de tous. L’enjeu est de limiter autant que possible les phénomènes de sélection et de permettre aux familles de trouver une réponse éducative sur leur territoire. Un établissement ne peut donc pas penser son avenir indépendamment de celui des autres.

Construire ensemble

À travers ces différents projets, c’est finalement une même vision qui se dessine. L’école de demain sera une école plus coopérative. Une école capable d’accompagner les transformations sans perdre de vue sa mission fondamentale. Une école qui développe l’esprit critique face à l’intelligence artificielle et aux réseaux sociaux. Une école qui prend soin de la qualité des relations. Une école qui accueille les fragilités et fait progresser l’inclusion. Une école qui accompagne les enseignants et leur redonne confiance dans leur capacité d’agir. Une école qui donne du sens. Une école qui fait vivre la fraternité et la solidarité. Mais surtout, une école qui comprend que son avenir ne peut pas se construire seul. Faire commun, ce n’est pas simplement travailler côte à côte. C’est accepter de partager une responsabilité. C’est mettre en commun les compétences, les expériences et les moyens. C’est apprendre à se faire confiance. C’est construire des projets qui dépassent les intérêts particuliers pour servir une ambition collective.